Il y a au moins 10 choses que je voulais savoir avant de devenir infirmière. Donc, avant de choisir cette profession exigeante, il est bon que vous sachiez à quoi vous devrez faire face. Avant de vous inscrire à un diplôme en sciences infirmières, et même pendant les premières années de formation, l’idée que vous avez du travail de l’infirmière est vague et fumée, alors essayons d’éclaircir les idées sur ce que c’est d’être vraiment une infirmière !
10 choses que je voulais savoir avant de devenir infirmière
Ce qui suit ne sort pas d’un manuel, mais d’années passées au cœur de l’hôpital. Ce sont des réalités, parfois brutes, souvent tues, qui méritent d’être entendues. Voici tout ce que j’aurais aimé connaître avant de m’engager dans cette voie.
1) L’apprentissage ne s’arrête jamais
On croit naïvement qu’à la sortie de l’école d’infirmière, les manuels peuvent prendre la poussière. En réalité, tout commence à ce moment-là : il faut se préparer pour les concours, se documenter sur la spécialité où l’on va exercer, maîtriser les pathologies que l’on croisera au quotidien. Les concours sont féroces. Face à des milliers de candidats pour quelques postes, seuls les plus rigoureux tirent leur épingle du jeu. Une fois la place obtenue, le rythme s’intensifie encore. Chaque nouveau service, chaque nouvelle équipe exige de se remettre à niveau, d’apprendre, de réviser, de se dépasser. Et puis, arrive un jour où l’idée d’un master surgit, sans prévenir, comme une évidence. On se dit qu’on en sait assez, mais ce n’est jamais tout à fait vrai.
2) Rien n’est jamais acquis côté emploi
La croyance dans le CDI automatique pour les infirmiers a la vie dure. Pourtant, la réalité se charge vite de dissiper ce mythe. Il faut s’armer de patience, multiplier les candidatures, accepter de bouger, parfois loin de sa région d’origine. Les plus téméraires tentent leur chance dans d’autres pays. Pour les autres, les années de concours et de contrats précaires s’enchaînent. La stabilité, dans ce secteur, se mérite au prix de nombreuses concessions.
3) Les horaires décalés usent les corps et les nerfs
Les stages donnent un aperçu, mais rien ne prépare vraiment à la fatigue d’un poste de nuit. Les lendemains de garde, le visage tiré croise celui des collègues plus âgés, marqués par des décennies d’horaires impossibles. On comprend alors, parfois trop tard, à quel point l’enchaînement des nuits et des jours fériés pèse sur la santé. Après 40 ans de quarts, certains se demandent pourquoi la fiche de paie ne reflète pas les sacrifices consentis.
4) Dire « Je dois travailler » devient un refrain
Au début, il y a une forme de liberté : faire ses courses quand tout le monde travaille, savourer le calme du centre commercial désert. Mais très vite, ce privilège se transforme en isolement. On réalise qu’on bosse quand les autres profitent de leur temps libre. Fêtes de famille, réveillons, anniversaires : tout se déroule sans vous, au fil des plannings. Et à force de décliner les invitations, les appels se font plus rares, même ceux des proches. Quand sa propre mère commence à organiser des repas sans vous attendre, on mesure le prix social du métier.
5) Certains environnements sont toxiques
Il faut parfois s’armer de courage pour rester debout face à des responsables absents, des directions déconnectées, des structures où le respect du métier n’est qu’un mot creux. Chacun finit par croiser sur sa route un supérieur méprisant ou un gestionnaire incapable. Ce sont des épreuves qui forgent le caractère, à condition de ne pas se laisser broyer.
6) La moindre erreur peut bouleverser des vies
Le multitâche, dans ce métier, n’est pas un choix. Il faut administrer un traitement à une douzaine de patients pendant que médecins, collègues, aides-soignants, familles et malades sollicitent tous votre attention au même instant. Un moment d’inattention, et les conséquences peuvent être dramatiques. Personne n’accepte l’excuse de la fatigue ou de la surcharge. Reconnaître une erreur, la signaler, en assumer les suites : c’est un devoir. La vigilance ne tolère ni la distraction, ni la procrastination. Derrière chaque geste, la responsabilité est immense.
7) La patience n’est pas une option
Chaque uniforme cache une personnalité, chaque soignant une histoire. La communication avec les collègues, les médecins, les patients et leurs familles s’apprend sur le tas. Il faut composer avec des exigences contradictoires, des patients anxieux, des proches inquiets, des collègues parfois maladroits ou stressés. Gérer la pression sans jamais perdre le contrôle, c’est un art que l’on affine jour après jour. Il ne s’agit pas d’une patience passive, mais d’une résistance active, presque méditative.
8) La paperasse prend une place démesurée
On ne le dit pas assez : à l’hôpital, si ce n’est pas écrit, c’est comme si cela n’avait jamais eu lieu. Chaque acte de soin doit être consigné, chaque décision justifiée. Installer un cathéter prend quinze minutes, le documenter cinq de plus. Les échelles d’évaluation s’enchaînent, les dossiers se remplissent. Parfois, la sensation de passer plus de temps à rédiger qu’à soigner s’installe. Mais c’est le prix à payer pour protéger les patients… et se protéger soi-même.
9) On assiste à l’indicible
Des scènes drôles, absurdes, parfois insoutenables : le quotidien des infirmières oscille entre le rire et la tragédie. La maladie, la mort, la détresse, mais aussi des moments de vie intenses et inattendus. On apprend à garder la tête froide, à prendre du recul. Mais chaque situation extrême laisse son empreinte. L’humour, parfois grinçant, devient un réflexe de survie. Ceux qui ne connaissent pas ce métier jugent, mais ils ignorent ce qu’il faut encaisser pour tenir le coup.
10) Le salaire ne récompense ni les efforts, ni les sacrifices
Au début, on se contente de peu, heureux d’avoir un emploi. Puis, avec l’expérience, la réalité du traitement tombe : à responsabilités égales, d’autres professions sont bien mieux loties. Pourtant, on continue. Pour des raisons qui échappent parfois à la logique : la solidarité dans l’équipe, la conscience d’apporter une part de soulagement, la fierté d’avoir tenu bon. On ne fait pas ce métier pour l’argent, mais parce qu’on ne pourrait pas en imaginer un autre qui ait autant de sens,même lorsque tout semble aller contre soi. Malgré les désillusions, on finit toujours par y trouver une forme de fierté, souvent discrète, mais tenace.
Qu’en est-il du métier d’infirmière en intérim ?
Le métier d’infirmier ne se limite ni à l’hôpital, ni au CDI. On peut exercer en cabinet, en EHPAD, à domicile, en libéral ou au sein d’une structure. La forme juridique varie aussi : certains choisissent le salariat, d’autres montent leur SASU. Et puis, il y a l’intérim, une option que certains privilégient, quand d’autres la fuient. Pour y voir plus clair, voici quelques points à retenir sur ce mode d’exercice.
Voici ce que l’intérim change dans la vie professionnelle d’une infirmière :
- La diversité des contrats : l’intérim permet de multiplier les missions, d’explorer différents services et de choisir ses horaires. Pour ceux qui aiment la flexibilité et détestent la routine, c’est une solution idéale. Mais il faut savoir s’adapter sans cesse à de nouveaux environnements, ce qui demande une grande capacité d’ajustement.
- La rémunération : les missions en intérim sont assorties d’une prime de précarité et de congés payés, entraînant souvent un salaire supérieur à celui proposé en CDI.
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Qu’on le veuille ou non, devenir infirmière, c’est accepter d’entrer dans un monde où la routine n’existe pas, où chaque journée peut bousculer les certitudes. Ceux qui choisissent ce chemin savent pourquoi ils s’accrochent, même quand le doute s’invite. Et il faut l’avoir vécu pour comprendre à quel point, parfois, tout cela en vaut la peine.

