Muni de l’ordonnance émise par votre ophtalmologue, vous vous rendez chez l’opticien pour la conception de vos lunettes. Outre le choix de la monture, vous devrez également prendre en considération les verres correcteurs. Voici un petit guide pratique pour vous aider à choisir les verres correcteurs avec soin.
Les catégories de verres
Le monde des verres correcteurs se divise en trois grands groupes, chacun avec sa personnalité et ses atouts propres. D’après l’avis d’un opticien expert, on retrouve d’abord le verre minéral. Longtemps la norme, il se fait discret aujourd’hui. Son poids se remarque à la longue, mais il garde un avantage : une vraie résistance aux rayures. L’envers du décor, c’est sa fragilité face aux chocs, avec un risque réel de casse.
Le verre organique, lui, est issu de matériaux synthétiques. Il s’impose par sa légèreté et sa capacité à absorber les coups du quotidien. Il trouve sa place sur quasiment tous les types de monture. Côté revers, sa matière tendre le rend vulnérable aux rayures si aucun traitement n’est appliqué.
Enfin, le verre polycarbonate se distingue par sa robustesse et sa légèreté, supérieures au verre organique classique. Parfait pour les montures percées, il offre une barrière naturelle contre les UV et encaisse les chocs sans broncher. Il reste cependant conseillé d’opter pour un traitement durci afin de limiter l’apparition de rayures.
Les traitements de surface du verre
Au-delà du matériau, les verres correcteurs gagnent à recevoir certains traitements qui boostent leur efficacité au quotidien. Voici ce qu’il est possible d’envisager selon vos besoins :
- Verre durci : il protège contre les micro-rayures et convient aux verres organiques et en polycarbonate.
- Traitement antireflet : adieu les reflets parasites, la vision gagne en netteté. Ce traitement améliore aussi le confort lors de la conduite de nuit et apporte une touche d’élégance à vos lunettes.
- Traitement antisalissure : ce procédé rend la surface du verre plus lisse, repousse l’eau et les traces de doigts. L’entretien devient bien plus simple.
- Traitement antistatique : il limite l’accumulation des poussières, facilitant le nettoyage.
- Traitement contre la lumière bleue : idéal pour ceux qui passent du temps devant les écrans, il réduit la fatigue oculaire et aide à préserver la qualité du sommeil.
D’autres options s’offrent à vous pour renforcer le confort et la protection : la teinte des verres (uniforme ou dégradée) pour le style ou la protection UV, le traitement anti-UV pour préserver les yeux du vieillissement prématuré, et les verres photochromiques qui changent de teinte selon la lumière ambiante tout en protégeant efficacement des UV et d’une partie de la lumière bleue.
L’opticien pourra également suggérer un amincissement des verres, ou recourir à des technologies de conception avancées pour répondre avec précision à vos besoins visuels.
Prendre en compte la correction
Au moment de se pencher sur le choix des verres, l’œil est souvent attiré d’abord par les montures. Pourtant, c’est la lecture attentive de votre ordonnance qui oriente vraiment les possibilités. L’opticien analyse la prescription de l’ophtalmologue pour cerner précisément le trouble visuel à corriger.
Selon la correction à apporter, l’opticien présente les différentes familles de verres et oriente vers la monture qui s’accorde le mieux à la situation. Pour une forte myopie, deux pistes sont possibles : choisir une monture de petite taille pour limiter l’épaisseur sur les bords, ou préférer une monture épaisse en plastique pour mieux cacher le verre. Pour l’hypermétropie, une monture large permet d’accueillir le verre plus épais au centre. Enfin, en cas de presbytie ou pour des verres progressifs, une monture suffisamment haute favorise le confort et la progression de la vision.
Tenir compte des traits du visage
Une fois la correction déterminée, il reste à adapter le choix aux particularités de votre visage. L’opticien propose alors des conseils qui tiennent compte de la morphologie, histoire de garantir un port agréable et un rendu harmonieux.
Pour éviter tout inconfort, les verres ne doivent jamais toucher la peau, surtout au niveau des pommettes. L’idéal : une monture positionnée entre le bord extérieur de l’œil et la tempe, l’œil bien centré, et la ligne des sourcils qui dépasse légèrement la partie supérieure de la monture. La distance entre les yeux et la forme du nez entrent aussi en ligne de compte.
Voici quelques repères pratiques pour adapter la monture à la forme du visage :
- Visage rond : osez des montures rondes, carrées, rectangulaires ou à angles marqués.
- Visage en triangle : les montures fines et de petite taille sont à privilégier.
- Visage en triangle inversé : mieux vaut laisser de côté les formes papillon.
- Visage carré : un contour arrondi ou ovale viendra adoucir les lignes.
Pour mettre en valeur la physionomie, l’idée est de choisir une monture dont la forme contraste avec celle du visage. Cette règle simple suffit souvent à rééquilibrer l’ensemble.
Choisir des verres selon le mode de vie
Les habitudes et l’environnement quotidien influencent aussi le choix des verres correcteurs. Ceux qui pratiquent un sport régulièrement ont tout intérêt à miser sur la solidité : les verres organiques ou en polycarbonate s’imposent, d’autant plus s’ils bénéficient d’une protection anti-UV. Les modèles teintés conviennent bien pour les activités en extérieur.
En milieu professionnel exposé à la poussière, la résistance à l’abrasion devient une priorité. Des verres minéraux ou organiques équipés d’un traitement anti-rayure offrent une réponse efficace.
Pour celles et ceux qui passent fréquemment de l’extérieur à l’intérieur, les verres photochromiques s’ajustent en temps réel à la lumière. Ils protègent contre les UV dehors, et filtrent une partie de la lumière bleue à l’intérieur, pour un confort visuel qui s’adapte sans effort.
Choisir ses verres correcteurs ne relève pas du hasard. Entre prescription médicale, exigences esthétiques, contraintes pratiques et style de vie, chaque détail compte pour préserver la qualité de sa vision au fil des années. À chacun d’écrire la suite, à travers un regard affûté derrière une paire de lunettes taillée sur mesure.


