Une aide-soignante en EHPAD qui débute en 2026 perçoit un salaire net mensuel qui varie de plusieurs centaines d’euros selon qu’elle travaille dans un établissement public, associatif ou privé lucratif. Comprendre ces écarts suppose de décortiquer la mécanique de la fiche de paie : indice, primes, majorations. Voici comment lire ces chiffres et simuler votre propre rémunération.
Salaire brut en EHPAD : l’écart public-privé lucratif en 2026
Les grilles de salaire affichées dans les conventions collectives ne reflètent qu’une partie de la réalité. En EHPAD public, la rémunération d’une aide-soignante débutante (classe normale, échelon 1) se situe autour de 1 867 à 2 000 euros brut mensuels pour un poste de jour. La progression suit la grille indiciaire de la Fonction Publique Hospitalière, calculée sur la base du point d’indice fixé à 4,92278 euros.
En EHPAD privé lucratif, la donne change. Certaines offres d’emploi publiées en 2026 affichent un brut mensuel de 2 226 euros en CDI jour, sans ancienneté et hors primes de dimanche ou jours fériés. Le salaire de départ y est donc souvent plus élevé qu’en secteur public.
Pourquoi alors choisir le public ? Parce que la reprise d’ancienneté y est plus généreuse et la grille plus sécurisée sur le long terme. En privé lucratif, la progression salariale dépend davantage de la politique de chaque établissement d’hébergement.

Simuler son salaire net en EHPAD : les lignes qui comptent sur la fiche de paie
Un simulateur de salaire aide-soignante en EHPAD n’a de sens que si vous intégrez les primes et majorations réelles de votre planning. Le brut de base ne représente qu’un socle.
La prime Ségur, socle incompressible
Depuis les accords du Ségur de la Santé, chaque aide-soignante perçoit 238 euros brut par mois de complément de traitement indiciaire. Ce montant est obligatoire, que l’EHPAD soit public, associatif ou privé. Il apparaît sur une ligne distincte de la fiche de paie.
Dimanches, jours fériés et nuits : le vrai levier
C’est ici que le salaire net réel s’écarte le plus du salaire théorique. Les majorations pour travail de nuit (au minimum 10 % du brut horaire), les primes de dimanche et de jour férié gonflent la rémunération de façon significative. Sur un mois avec plusieurs week-ends travaillés, l’écart peut atteindre 200 à 500 euros nets supplémentaires.
Un simulateur fiable vous demandera donc de renseigner votre planning type : nombre de nuits, de dimanches et de jours fériés travaillés sur le mois. Sans ces données, le résultat sera trop éloigné de votre fiche de paie réelle.
Primes complémentaires selon la convention
- La prime d’ancienneté, versée dans la plupart des conventions du secteur privé, augmente progressivement le brut au fil des années.
- La prime décentralisée (CCN 51 pour les EHPAD associatifs) représente un pourcentage du brut annuel, versé en une ou deux fois.
- La prime fonctionnelle, attribuée dans certains établissements publics ou privés selon le poste occupé (unité Alzheimer, soins palliatifs).
Exemple concret : fiche de paie d’une aide-soignante en EHPAD public
Prenons le cas d’une aide-soignante en classe normale, échelon 1, dans un EHPAD public. Son indice brut correspond à un salaire mensuel d’environ 2 077 euros brut. Après cotisations, le net estimé tourne autour de 1 662 euros.
Ajoutez la prime Ségur de 238 euros brut (environ 183 euros nets). Puis deux dimanches et un jour férié travaillés dans le mois, ce qui ajoute une centaine d’euros nets selon les taux de majoration appliqués.
Le net réellement perçu dépasse alors 1 850 euros pour une débutante, loin du montant brut de base affiché dans les grilles.
À l’échelon 6 (indice 424), le brut grimpe à 2 310 euros, soit environ 1 848 euros nets avant primes. En fin de carrière, en classe supérieure (échelon 11, indice 560), le brut atteint 2 786 euros pour un net estimé de 2 397 euros, hors primes de nuit et dimanche.

EHPAD associatif ou privé : ce que change la convention collective sur le salaire
En EHPAD associatif (souvent sous CCN 51 ou CCN 66), les grilles salariales diffèrent de la FPH mais la prime Ségur reste identique. La CCN 51 prévoit une prime décentralisée annuelle et des coefficients de rémunération propres à chaque filière.
En EHPAD privé lucratif, la convention collective de l’hospitalisation privée (IDCC 2264) s’applique. Les salaires de base y sont parfois plus élevés à l’embauche, mais la reprise d’ancienneté est négociée au cas par cas. Un point à vérifier avant de signer : la reprise d’ancienneté conditionne directement votre échelon de départ.
L’intérim en EHPAD constitue un cas à part. Le taux horaire brut affiché paraît attractif, mais il inclut souvent les indemnités de fin de mission (IFM) et de congés payés (ICCP). Pour comparer avec un CDI, il faut isoler le taux horaire hors IFM et ICCP, puis ramener le calcul sur un mois complet.
Ce que votre simulateur doit intégrer pour être fiable
La plupart des simulateurs en ligne se limitent au brut et au net théorique. Pour obtenir un résultat proche de votre fiche de paie réelle en EHPAD, vérifiez que l’outil prend en compte ces paramètres :
- Le type d’EHPAD (public, associatif, privé lucratif) et la convention collective applicable.
- L’échelon et le grade, qui déterminent le salaire indiciaire brut dans le secteur public.
- Le nombre de dimanches, jours fériés et nuits travaillés sur le mois simulé.
- La prime Ségur (238 euros brut), intégrée ou non selon les simulateurs.
- La reprise d’ancienneté éventuelle, qui modifie l’échelon d’entrée.
Sans ces variables, un simulateur donne un chiffre tronqué. Le planning mensuel réel pèse autant que la grille dans le salaire net perçu.
Le salaire d’une aide-soignante en EHPAD en 2026 ne se résume pas à une ligne de grille indiciaire. Entre le choix du secteur, la négociation de la reprise d’ancienneté et le rythme de travail accepté (nuits, week-ends), deux aides-soignantes au même diplôme peuvent percevoir des rémunérations nettes très différentes chaque mois.

